Une antenne universitaire serait un atout considérable pour notre territoire. Les habitants d’Oloron qui se sont exprimés sur ce sujet pendant les réunions publiques de septembre à décembre ont souligné les arguments suivants :

 » Faire découvrir et former à des savoir-faire locaux : métiers de la montagne, sports, hydraulique, aéronautique, chocolat, agro-alimentaire, agriculture biologique… »

Il n’y a que l’embarras du choix. Les Universités qui forment sur ces métiers sont situées loin de chez nous. À Oloron et dans la Communauté de Communes du Haut-Béarn, les entreprises font venir de très loin des personnes avec des savoir-faire pour les métiers qui s’exercent sur le territoire. Elles ont parfois du mal à recruter car la ville est mal identifiée. Beaucoup s’installent en périphérie de Pau alors qu’ils travaillent à Bidos, à Ogeu ou à Oloron.

Et il n’y a pas de transmission de ces savoir-faire, tout au moins de façon organisée et systématique, sur le territoire. Offrir la possibilité à des professionnels de transmettre leurs compétences localement, c’est assurer la continuité économique de notre territoire.

Des Universités en zone rurale

Cela se fait déjà dans des agglomérations de taille comparable, comme Mende en Lozère.

Permettre à des jeunes locaux de poursuivre des études universitaires à moindre coût.

En les logeant à domicile ou même en ville, les coûts locatifs pour les habitants d’Oloron (9€/m2) et des vallées avoisinantes sont plus proches des revenus des habitants que les locations à Bordeaux (15€/m2) ou Toulouse (13€/m2) (1).

Concrètement, quand on n’est pas éligible aux bourses d’études et que les APL n’ont pas encore été versées, avoir à débourser 550 € pour le moindre studio à Bordeaux, plus la caution (550 €), et quasi toujours les frais d’agence (500 €) : déjà plus d’un mois de travail juste pour avoir le droit de dormir dans la ville où l’on veut étudier. Résultat, dans la capitale régionale, des centaines étudiants n’avaient encore de logements plusieurs semaines après leur rentrée. (2) Parmi eux, combien de Béarnais ?

En faisant aujourd’hui partie des  » territoires où l’offre de formations de l’enseignement supérieur est absente ou très en deçà des besoins locaux », Oloron Ste-Marie est éligible à financement étatique lui permettant développer un « Campus connecté », c’est à dire des infrastrucures permettant de suivre des études ou des formations diplomantes à distance, à travers internet (méthode connue aussi sous le nom d’e-learning, de MOOC,…). Les étudiants, jeunes et moins jeunes, de ce campus connecté profiteraient de la stimulation d’un environnement étudiant plus global.

Faire venir et revenir des jeunes, pour un nouveau souffle dans notre ville

Ce serait comme une bouffée d’oxygène qui rejaillirait sur de multiples aspects :

  • Un étudiant a besoin de manger, de siroter des infusions et du café et de sortir : ces petites dépenses dégoulinent immédiatement dans le tiroir-caisse des commerces et établissements de proximité.Ces besoins manifestes ne peuvent qu’intéresser nos associations et nos nombreux comités des fêtes
  • Le week-end et les vacances, il faut aller retrouver la famille ou voir du pays : fréquentation, maintien et extension de notre ligne de
  • Maintien de la population et arrêt de l’exode de la population d’Oloron-Saite-Marie : les recettes fiscales et les dotations étatiques qui en dépendent ne se réduisent pas.
  • Plaisir de voir des jeunes venir et rester vivre chez nous, avec nous. La jeunesse ce n’est pas que pour les grandes métropoles.
  • Rayonnement, réputation et dynamisme : notre ville peut investir ce capital symbolique qu’elle verra vite fructifier sous forme d’installation d’entreprises, de visites touristiques, de naissances…
  • Encouragement aux propriétaires fonciers à investir pour la rénovation immobilière grâce à la certitude accrue de trouver à les louer.

Nous avons les atouts et les avantages comparatifs, l’initiative et l’espace pour accueillir une jeunesse qui toujours portera les promesses d’avenir de notre territoire.

La venue d’une ou deux promotions d’étudiants et leurs professeurs changerait significativement la donne. Avec les APL, les bourses, les transferts familiaux, les petits boulots, un étudiant dépense en moyenne 1 000 € par mois de logement, nourriture, sorties, fournitures, inscription, assurances, transports… Si les trois quarts de cette somme étaient dépensés sur place, cela ferait un stimulus de 100 étudiants x 1 000 € x (3/4) x 12 mois soit 675 000 € par an qui se mettraient à circuler sur l’agglomération. Sans parler des effets similaires pour les entreprises de travaux de rénovation et des effets à long terme sur l’attractivité et la productivité des entreprises installées en ville.

Alors oui, faisons d’Oloron une ville universitaire !

Car c’est un projet de citoyens qui réfléchissent et pensent ainsi à leur avenir et celui de leurs enfants. C’est un projet pour les habitants d’un territoire qui se sait éloigné.

Or aucun désenclavement ne viendra jamais d’une autoroute ou d’un éventrement de montagnes. Bodin nous disait : “il n’est de richesses que d’hommes”. Nous avons les atouts et les avantages comparatifs, l’initiative et l’espace pour accueillir une jeunesse qui toujours portera les promesses d’avenir de notre territoire.

Organisons-nous pour qu’elle reprenne notre flambeau.


Sources :

(1) valeurs moyennes, SeLoger.com, enquête, janvier 2020

(2) France 3 Région, La crise du logement s’accentue encore pour les étudiants à Bordeaux, septembre 2019

(3) INSEE, Statistiques locales, février 2020


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