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parJean-Luc CHATAIN

Au cours de la crise sanitaire du COVID-19, les citoyens de très nombreux pays ont du faire face à des pénuries de certains produits, notamment de matériel médical de protection et de certains médicaments, mais aussi encore de certaines denrées alimentaires qui devaient traverser des milliers de kilomètres avant de venir dans les rayons des supermarchés.

En France, les circuits courts se sont développés dans l’urgence et les producteurs locaux se sont organisés, des drives de producteurs se sont mis en place, ainsi que les livraisons, les paniers fermiers et les AMAPs…

Portes ouvertes hauts prés

1 Portes ouvertes hauts prés

La nourriture et l’eau sont les besoins fondamentaux qui président à notre survie !

L’ONU alerte les gouvernements des risques d’une crise alimentaire mondialisée, due à la désorganisation engendrée par les pandémies, par l’effondrement des systèmes de production, de transport et de distribution, et à la spéculation qui aggrave encore le problème.

Ruptures des chaînes d’approvisionnement, pénuries de main-d’œuvre, des ombres planent sur la sécurité alimentaire mondiale une décennie après la crise alimentaire de 2007-2008 et ses répliques de 2010 et 2012.

Le Vietnam et le Kazakhstan ont annoncé des limitations sur leurs exportations de riz et de farine, non pas par crainte de pénuries mais pour éviter des mouvements spéculatifs sur leur marché intérieur. Même chose pour la Russie qui a débloqué un million de tonnes de blé de ses stocks stratégiques.

Paradoxalement, certains secteurs sont en excédent et les stock s’amoncellent ! Les filières ont été désorganisées à cause du COVID-19 la demande ayant été complètement bouleversée, les restaurants fermés, la restauration scolaire également, mais les récoltes ont également été impactées par le manque de main d’oeuvre , les filières agricoles ont été durement impactées par l’épidémie. Bref, cette crise sanitaire a révélé de nombreuses faille dans notre système d’approvisionnement et de production.

Des filières agricoles en danger par manque de débouchés, et des citoyens qui ne peuvent pas se nourrir !

Aujourd’hui il devient donc indispensable de relocaliser et de réorganiser la production agricole pour assurer la sécurité alimentaire de nos territoires et la pérennité de cette production.

Il est nécessaire de développer des filières et des systèmes de distribution résilients qui peuvent résister aux crises qui ne manqueront pas de revenir, toutes les organisations mondiales s’accordant pour donner l’alerte…

La sécurité des citoyens est de la responsabilité des municipalités !

les villes sont aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire.

En étant en charge de la sécurité des citoyens, les municipalités doivent participer à la sécurité alimentaire et à l’organisation de cette production locale.

La notion de sécurité alimentaire peut notamment permettre de transformer positivement les politiques d’aménagement du territoire.

Pendant les 50 dernières années, l’étalement urbain a eu lieu au mépris du respect des zones de production de nourriture autour des villes.

Les villes, qui 1/3 auparavant étaient autosuffisantes, dépendent désormais de la chaîne alimentaire mondialisée pour se nourrir. Elles ne disposent plus que de trois jours de stock d’aliments en moyenne. Mais les risques de rupture de cette chaîne mondialisée sont divers: incendies, inondations, conflits sociaux, maladies…

On peut donc affirmer que les villes sont aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire.

Les maires des communes ont ainsi la responsabilité politique de prendre des mesures pour assurer la sécurité alimentaire de leurs villes, pour en garantir la résilience en cas de rupture de la chaîne alimentaire, en créant, à côté des zones d’activité économique ou commerciale, des zones d’activité nourricière.

Ils n’ont d’ailleurs besoin d’aucune autorisation pour faire cela. Ils peuvent acquérir des terres, comme l’a fait à Val-de-Reuil la Communauté d’agglomération Seine-Eure, afin de développer une agriculture biologique sur 110 hectares situés sur le périmètre de protection de captage de sa ressource en eau.

La collectivité a même transformé un ancien bâtiment industriel, de 10.000 mètres carrés, en « pôle alimentaire », où les producteurs commercialisent leurs produits, les conditionnent, partagent des outils agricoles, organisent des cours de cuisine…

En un an, cela a permis de recréer les 59 emplois détruits à cause de la fermeture de l’ancienne usine.

Cette participation collaborative favorise aussi un processus de remobilisation, resocialisation, réinsertion, et restauration de l’image de soi…


Retrouvez l'ensemble des propositions de la Liste Citoyenne Oloron 2020 pour plus de Justice Sociale sur Oloron et le territoire


Le programme de la LCO pour l’alimentation bio et locale :

Développer les repas bio et de qualité dans la restauration collective :

– En lien avec une régie maraîchère locale,

– En s’appuyant sur les producteurs locaux et les circuits courts.

Créer une régie alimentaire bio locale centralisant les achats, produisant en maraîchage et transformant des fruits et légumes pour la restauration scolaire, les EHPAD, ainsi que l’hôpital (total > 200 000 repas par an) :

– Organiser la production directe par une ferme municipale, en concertation et sans concurrence avec les producteurs locaux

– Organiser une centrale d’achats de produits alimentaires bio,

– Organiser une unité de transformation des fruits et légumes bio locaux

Créer une Ceinture Verte de production agricole biologique et des zones favorisant la biodiversité 2/3 (Trame Verte et bleue ) :

– Soutenir l’installation de nouveaux producteurs, notamment des maraîchers (soutenir les nouvelles installations et les reprises d’exploitations…)

– Sauvegarder les terres agricoles, arrêter l’artificialisation et le bétonnage des sols, repenser l’urbanisation et revégétaliser les zones urbaines.

– Encourager le développement des jardins nourriciers à des fins d’auto-consommation, des jardins partagés et la gestion collective des communs, de sensibilisation au développement durable et de lien social.

– Développer la sensibilisation, l’éducation et la formation au maraîchage bio et au jardinage, en s’articulant avec le lycée agricole de Soeix, l’éco-lieu d’Estialescq et les collectifs de jardins partagés.