LCO2020. Oloron et le vélo alors ?

Mis à jour : févr 10

Imaginez, un mois de février ensoleillé dans une ville moyenne au pied des Pyrénées.


Dans le centre-ville, les habitants se déplacent à vélo et à pied, les cafés se prennent en terrasse, on peut discuter sans être gêné par le bruit, les personnes à mobilité réduite se déplacent à leur rythme sur des parcours sans solution de continuité …

Ces activités permettent d’améliorer la santé physique de chacun et d’entretenir le lien social. Et puis, tant qu’on y est, les passants font un petit peu de lèche-vitrine, achètent un livre chez le libraire et quelques carottes pour la soupe chez l’épicier. Le commerce du centre-ville vit. La collection de devantures super-soldées pour cause de liquidation ou de cessation d’activité sans reprise n’est plus qu’un funeste mais lointain souvenir.

Cette ville imaginaire n’est pas Oloron, mais pourrait le devenir.


Lors de la première "vélorution" (décembre 2018) : 120 personnes s'étaient mobilisées pour exiger des avancées significatives. Un an et demie après, de timides concessions ont été obtenues : quelques discrets arceaux de stationnement, l'inscription de la CCHB au plan vélo national, 15 vélos électriques offerts à la location. L'essentiel reste à faire.

Car aujourd’hui, à Oloron, prendre son vélo, laisser ses enfants marcher seuls jusqu’à l’école, se déplacer en fauteuil roulant, traverser la chaussée, etc. sont des activités qui sont difficiles et dangereuses. Les petites rues et axes du centre ville restent envahies de véhicules. Les limitations de vitesse semblent plus indicatives qu’autre chose, le parking sauvage et les encombrements sur les trottoirs sont fréquents, l’air douteux et le bruit omniprésent de 7h à 21h.

Autre conséquence, le vacarme et la pollution rend désagréable le fait de s’attarder sur les terrasses qui sont proches de la route. Quant à promener ses enfants en poussette ou se déplacer en fauteuil à hauteur des pots d’échappement...


Baromètre des Villes Cyclables en France : un résultat sans appel pour notre ville


Tous les deux ans la Fédération des Usagers de la Bicyclette en France invite l’ensemble des usagers de la voie à participer par questionnaire en ligne au diagnostic des conditions de circulation de leur commune. 180 000 personnes ont ainsi rendu compte de leur expérience pour l’enquête 2019. Pour figurer dans le rapport public qu’elle publie en ligne, une commune devait voir au moins 50 répondants participer. Signe des temps, pour l’édition 2019-2020, pour la première fois ce palier fut franchi à Oloron-Ste-Marie avec 80 formulaires, gages d’un minimum de représentativité.

source : https://www.parlons-velo.fr/

Le résultat est cependant sans appel : comme beaucoup de ville du Sud de la France ou de la banlieue parisienne, notre ville est clairement en-deçà des enjeux du siècle et se trouve positionnée à la classe F, à peine mieux que Béziers (mais est-ce une référence ?), nettement en-dessous de la moyenne nationale, y compris des villes de moins de 20 000 habitants.


Mais alors qu'est-ce qui bloque ? Pour se faire un avis sur la question, on pourra toujours ré-écouter l’édifiant débat sur le vélo en ville qui eut lieu à Radio Oloron (2018), toujours disponible à la ré-écoute.



Les centres-villes agréables à pratiquer sont bons pour le commerce de proximité


Pour qu’une ville soit riche, ses habitants doivent consommer sur place. C’est ce que l’on appelle l’économie présentielle.

Si des villes comme Rome, Montpellier, Strasbourg, ou Pontevedra... laissent fleurir de plus en plus de zones piétonnes et de pistes cyclables, c’est aussi parce que c’est bon pour leur commerce et leur attractivité. Des recherches à Londres montrent ainsi que les piétons dépensent jusqu’à 150 € de plus par mois dans les commerces du centre-ville que ceux qui se déplacent en voiture (1) . Seuls certains magasins de luxe se trouvent pénalisés car leurs clientèle se déplace presque exclusivement en voiture. Mais Oloron-Ste-Marie n’est pas Neuilly-Sur-Seine.


Or pour qu’une ville soit riche, ses habitants doivent consommer sur place. C’est ce que l’on appelle l’économie présentielle. Il est donc essentiel de proposer un centre-ville attractif commercialement et agréable à pratiquer pour donner l’envie aux populations de s’y rendre et d’y rester le plus longtemps possible.


Voir Oloron et le Haut-Béarn sous un nouveau jour


Si demain, la Liste Citoyenne Oloron-Ste-Marie est appelée à appliquer le programme que nous avons co-construit et que nous continuerons à adapter, nous engagerons enfin la Municipalité dans la mise en œuvre du plan Vélo, adopté pour la forme en 2015 mais jamais sérieusement mis en œuvre depuis.

Un plan viable de la circulation en ville afin d'encourager l’utilisation des transports peu polluants, d’établir des plans de stationnements et l’accessibilité avec les autres modes de transports collectifs (trains, autocars, navettes, covoiturage), d’optimiser, partager la place et réduire les nuisances par la mise en œuvre de sens uniques.

Nous accompagnerons les commerces du centre-ville pour développer leur offre et correspondre aux attentes des Oloronais, et des touristes qui viendront flâner et dépenser dans nos rues.

De concert avec le Conseil Général, au côté des autres municipalités de la Communauté de Communes du Haut-Béarn et fort de l’inscription du territoire au Plan Vélo national, nous mettrons tout en œuvre pour la réalisation des voies cyclables les plus urgentes.


Répondre aux besoins de notre époque avec un réseau efficace de voies vertes :Peyrhorade – Navarrenx – Oloron ; Oloron – Ogeu – Laruns ; Oloron – Arrette ; Oloron – Mauléon ; Oloron – Mourenx ; Ogeu – Gan – Pau ...

1 https://www.livingstreets.org.uk/media/3890/pedestrian-pound-2018.pdf (2013)

Pour compléter la lecture :